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Jeudi 18 mars 2010

« Les cadres : une exception au modèle du déclin des classes sociales »

Intervenant : Thomas Amossé (Centre d'études de l'emploi)

Discutant : Olivier Cousin (Cadis, EHESS/Cnrs)

De 16h30 à 18h00, en Amphi 2 à l'ENSAE 3 avenue Pierre Larousse à MALAKOFF (Tram : Porte de Vanves ou Métro : Malakoff Plateau de Vanves)

 

Comme l’ont montré par exemple Luc Boltanski et Eve Chiapello (1999), le modèle des classes sociales a fortement décliné en France entre la fin des années 1970 et aujourd’hui. A partir de l’enquête Histoire de vie – construction des identités conduite en 2003 par l’Insee, nous montrons toutefois que le « sentiment de classe » des cadres a mieux résisté que celui des professions intermédiaires, ouvriers et employés. Ainsi, les cadres sont aujourd’hui ceux pour lesquels la notion de classe a le plus conservé son sens. Ils se situent clairement en « haut » de la structure de classe subjective : ils s’y distinguent même plus nettement qu’hier des professions intermédiaires en ce qu’ils apparaissent moins intégrés à ce qui serait une vaste classe moyenne et continuent d’être les plus éloignés du monde ouvrier.

Au-delà des transformations (internes comme externes) observées au cours des trente dernières années, la différenciation des groupes socio-professionnels est loin d’avoir disparu. Au moins les cadres en ont-ils bien conscience ! Par leur situation professionnelle, leur participation à la vie de la cité, leur sociabilité (amicale et familiale) et leurs pratiques de loisirs, ils s’affirment comme le « foyer de la vie sociale » pour reprendre une expression de Maurice Halbwachs. Du fait de l’effondrement symbolique de la classe ouvrière, le groupe des cadres constitue aujourd’hui le principal modèle d’intégration sociale, un horizon normatif qui s’impose aux autres groupes sociaux.

Forts de leurs ressources individuelles et collectives, les cadres sont les plus à même de maîtriser, objectivement comme subjectivement, les clés de leur position sociale. Par le portrait-type de l’enquêté que dessine son questionnaire, l’enquête Histoire de Vie – Construction des identités en constitue un révélateur. Ils y apparaissent comme la « dernière » des classes sociales : celle qui repose paradoxalement le plus sur la notion d’« individu » ; celle qui se compose d’individus « capables » d’articuler les différentes facettes de leur identité, de la famille au travail en passant par les amis, les loisirs, les engagements, etc.