Skip to content

Tous les séminaires

Jeudi 18 mai 2017

Intervenants : Claire LEMERCIER et Pierre FRANCOIS (CSO - CNRS-Sciences-Po)

Discutant François DENORD (CESSP-CSE, EHESS-Paris 1)

« Comment les grandes entreprises "font groupe" en France (années 1900-années 2000)  »

De 11h à 12h30, en salle 11 à l'ENSAE : 3 avenue Pierre Larousse à Malakoff (Tram T3: "Porte de Vanves" ou Métro 13 : "Porte de Vanves" ou "Malakoff Plateau de Vanves")

Dans la recension des spécificités des capitalismes nationaux, la France est souvent désignée comme une représentante exemplaire d’une forme de capitalisme familial peu susceptible de favoriser le développement de grands groupes intégrés. Défendue par des historiens états-uniens (Chandler) ou britanniques (Landes), cette hypothèse a été réfutée lorsqu’ont été collectés des indicateurs quantitatifs qui, en dépit de leurs limites, autorisent une comparaison simple et systématique de la taille des grandes entreprises des principaux pays industrialisés : les entreprises françaises, assez largement comparables à leurs homologues, apparaissent alors dans la moyenne – dès lors qu’elles sont positionnées dans une perspective de comparaison systématique, ce sont les entreprises états-uniennes qui constituent l’exception. Nous proposons de faire retour sur la question des grands groupes au sein du capitalisme français, en défendant l’idée que les groupes, en France, ne se construisent pas en suivant les modalités d'intégration très fortes identifiées par Chandler (de type holding, firme en M, etc.), mais en construisant des solidarités qui passent avant tout par des échanges d'administrateur et de dirigeants qui peuvent éventuellement être redoublés par des liens financiers. Des indicateurs tirés notamment de l’analyse de réseau permettent de montrer que ces groupes sont très fortement cohésifs, tout en étant composé d'entités juridiquement indépendantes. Cette manière de faire groupe se retrouve tout au long du XXe siècle jusque dans les années 1980, elle s'organise autour de noyaux organisateurs très différents selon les périodes (la sidérurgie et l'électricité dans l'entre-deux guerres, la finance dans les années 1960 et 1970).

Ce séminaire est organisé par Nicolas ROBETTE (Laboratoire de sociologie quantitative-CREST)